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Ressentez-vous la mise en place de l'Acte Authentique Electronique comme une évolution positive pour le notariat ? Dans l'affirmative, pour quelle(s) raison(s) ? "C'est bien plus qu'une évolution, c'est un enjeu majeur. Avec ce dispositif, nous laissons un peu de côté la gestion de l'inflation de papier pour nous concentrer à nouveau sur l'essentiel. Nous ne sommes pas des dépositaires de tonnes de documents dont l'intérêt réel se résume à quelques lignes dans une masse qui n'a comme vertu que d'être maintenant imprimée en couleur. L'affichage en grand des actes à signature électronique ne laisse rien passer. C'est la redécouverte d'un contenu. Au début, nous focalisions sur le processus en expliquant tout du Micen. Aujourd'hui, c'est banalisé. L'intérêt des clients n'est pas là. Il est sur leur dossier personnel et ce dispositif nous permet d'y être encore plus présent." Vos collaborateurs ont-ils été séduits par ce projet ? "Nous avons fait beaucoup de pédagogie avant l'introduction de l'AASE dans l'étude. L'étude a débattu de son utilité potentielle, des réformes qu'il faudrait mener … avant même de comprendre de quoi il s'agissait vraiment. La mise en œuvre était ainsi attendue par tous et les adaptations se font encore quotidiennement. Tous les notaires et collaborateurs utilisent le dispositif." Quel accueil vos clients réservent-ils à l'AAE ? "Globalement les "usagers" de ce que je conçois comme un service du notariat à leur attention sont satisfaits. Ils aiment la clarté de l'exposé de l'acte qui devient, à leur yeux, plus abordable. Ils aiment le temps passé à dialoguer autour de la signature. Ils aiment aussi la souplesse de la tablette sur laquelle ils apposent leur signature. Je n'ai expérimenté qu'une difficulté. Il s'agissait paradoxalement d'un jeune couple qui se demandait ce qu'il allait advenir de leur acte. Seraient-ils vraiment propriétaires ? C'est un carton plein avec les personnes plus âgées qui y trouvent un vrai confort de lecture." Quels sont les évolutions majeures que vous avez apportées à l'organisation de l'étude dans le cadre de l'adoption de l'AAE ? "Plutôt que d'évolutions, je préfère parler de redéfinition. Il s'agit véritablement de redéfinir le fonctionnement et le trajet de l'information dans l'étude. Les profils de postes changent pour tirer partie du dispositif. La répartition des tâches n'est plus la même, les tâches ne sont même plus les mêmes. L'introduction de l'AASE dans l'étude est une belle opportunité de réviser nos fondamentaux." Quelles évolutions souhaitez-vous dans le cadre de ce projet ? "Il y a beaucoup à faire pour optimiser les outils bien qu'ils soient déjà très performants. Augmenter la rapidité de traitement, améliorer l'ergonomie, développer les services aux clients … tout en maintenant la fiabilité seraient autant d'objectifs intrinsèques. Plus généralement, le notariat dispose là d'un atout sans pareil pour des évolutions majeures au niveau de la profession voire de l'Etat dans la gestion de ses propres fichiers." Quelle est la proportion d'actes que vous recevez par AAE ? "Actuellement 70 % de nos actes sont reçus en signature électronique. Seules quelques contraintes, que nous espérons provisoires, nous limitent. Notre objectif est clairement de faire du 100 %." |